vendredi 19 août 2011

La farce du journalisme indépendant





John Swinton, journaliste et éditeur du New York Times fit cette déclaration au cours d’une réception de la presse en 1880, après qu’un convive eut proposé de boire à la santé de la “presse indépendante”. Elle est plus que jamais d’une actualité brûlante. A cette époque il n’y avait ni radio, ni télévision. Sa tirade mémorable s’adresse bien évidemment à ce complément de « l’information écrite »… son corollaire audio-visuel aussi corrompu et biaisé que sa comparse de papier.
La « murdochratie » comme l’a justement nommé John Pilger nous a récemment fait étalage de toute sa splendeur pour le respect d’une « presse indépendante ». Les médias français à la botte des Rotschild, Lagardère, Dassault, Hersant et autre Bouyghes nous régalent de leur objectivité si rafraîchissante, nous en avons les larmes aux yeux en rédigeant ces lignes…
Le succès des peuples dans leur lutte contre l’oligarchie du nouvel ordre mondial en marche est dans l’avènement d’une presse citoyenne et alternative dévouée elle, a l’indépendance, la vérité et le combat contre la pensée unique marque de fabrique du consensus du statu quo oligarchique. C’est par une information hors propagande que nous vaincrons, parce que les citoyens sauront faire la part des choses, séparer la lie de l’ivraie pour avoir enfin une vision claire des choses, vision enfumée depuis bien trop longtemps.


“Il n’y a pas à ce jour dans l’Histoire du monde et aux Etats-Unis de presse indépendante. Vous le savez et je le sais.
Il n’y a personne d’entre vous qui ose écrire ses opinions de manière honnête et si vous le faisiez, vous savez d’avance que cela ne serait jamais publié. Je suis payé chaque semaine pour garder mes opinions et mes vues les plus honnêtes hors du journal avec lequel je suis lié. D’autres parmi nous sont payés des salaires similaires pour faire des choses similaires et celui d’entre vous qui oserait et serait assez stupide pour écrire ses vues honnêtes serait à la rue en train de chercher un autre boulot. Si je laissais transparaître mes opinions les plus honnêtes dans un de mes articles, je serai sans boulot dans les ving-quatre heures.
Le travail du journaliste est de détruire la vérité, de mentir éhontement, de pervertir, de vilifier, de ramper aux pieds de Mammon et de vendre son pays et sa race pour son pain quotidien. Vous le savez et je le sais; quelle est donc cette plaisanterie que de porter un toast à une presse indépendante ?
Nous sommes les outils et les valets des gens riches de derrière le rideau. Nous ne sommes que les marionnettes, ils tirent les ficelles et nous dansons. Nos talents, nos capacités et nos vies sont la propriété d’autres personnes. Nous sommes des intellectuels prostitués.”
- John Swinton du New York Times (1880) -
Traduction Résistance 71

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