mercredi 13 juin 2012

États mafieux…Finances mafieuses, services de renseignement occidentaux dans le trafic international de drogue…



Un homme de paille Taliban condamné à perpétuité pour avoir trafiqué l’héroïne de la CIA

Kurt Nimmo


Le 12 Juin 2012,



Le condamné Haji Bagcho a été averti de sa peine de perpétuité aujourd’hui pour trafic de drogue en Afghanistan. Les autorités américaines caractérisent Bagcho comme étant “un des plus gros traffiquants d’héroïne au monde, qui utilisait les bénéfices de ses ventes pour soutenir l’insurrection talibane”, ce d’après le Washington Post.
L’affaire de trafic de Bagcho en revanche fait bien pâle figure en comparaison de celui mis en place par la CIA en Afghanistan et il a sûrement été passé à la trappe simplement parce que l’agence de renseignement n’aime pas la concurrence.
An Afghani farmer stands in his opium poppy fields.
Les Talibans, organisation elle-même créée par la CIA, avait bani la production de l’opium après la guerre civile qui s’ensuivit de la défaite des soviétiques dans le pays. “Le succès du programme d’éradication 2000 de la drogue sous le régime taliban fut reconnu par l’ONU comme étant ‘admirable’ et loué alors qu’aucun autre pays n’était capable de mettre en pratique un tel programme”. En Octobre 2001, les Nations-Unies reconnaissaient que les Talibans avaient réduit la production d’opium en Afghanistan de 3300 tonnes par an à juste 185 en 2001 (voir “L’héroïne afghane et la CIA”). Après l’invasion américaine, l’Afghanistan est devenu le premier producteur d’héroïne au monde, produisant 3750 tonnes en 2002. En 2006, ce chiffre perfora le plafond jusqu’à 6100 tonnes.


“Les rebelles moudjahidines soutenus par la CIA (qui en 2001 faisaient partie la l’Alliance du Nord) s’engagèrent lourdement dans le traffic de drogue lorsqu’ils luttaient contre les Soviétiques et le gouvernement qu’ils soutenaient”, nota William Blum dans son livre “Les véritables seigneurs de la drogue”.


“Le croissant d’or du traffic de drogue, lancé par la CIA au début des années 1980, continue à être protégé par les services de renseignement américains, en liaison avec les forces d’occupation de l’OTAN et l’armée britannique. Récemment, les forces d’occupation britanniques ont fait la promotion de la culture du pavot au moyen de spots publicitaires radiophoniques payants”, écrivit Michel Chossudovsky en 2007.
Les troupes américaines ont reçu l’ordre spécifique d’ignorer le pavot,l’opium et l’héroïne, quand elles les découvraient lors de patrouilles, a déclaré un ancien béret vert (NdT: Forces spéciales commandos de l’armée états-unienne) à l’écrivain James Risen en 2003. L’assistant ministre de la défense Bobby Charles s’était plaint que “le ministre de la défense Rumsfeld ne voulait pas que la lutte anti-narcotique ne devienne une mission importante de l’armée.”
En 2010, nous avions commenté sur un reportage de Fox News où Gerald Rivera parlait avec un soldat d’occupation au sujet du soutien des Etats-Unis au traffic de drogue en Afghanistan. Le soldat avait dit à Rivera qu’il n’aimait pas le fait de soutenir la production d’opium afghane, mais que les Etats-Unis avaient volontairement détourné les yeux des cultures de pavot et avaient pris pour excuse la sensibilité culturelle locale.


Avant le faux-pas des Talibans, la CIA avait travaillé avec les services de renseignement pakistanais de l’ISI afin de transformer les profits du traffic de drogue en financement massif pour des activités secrètes. De plus, sans le traffic intense de l’héroïne, l’économie légitime réelle du Pakistan se serait effondrée, écrivit le Financial Times en Août 2001. La vaste majorité de l’argent fut déposé à la Bank of Credit and Commerce International (BCCI), la banque des services de renseignement qui veulent laver leur argent sale, cacher les bénéfices du traffic de drogue et s’engager dans d’autres crimes financiers.


Mais ce ne serait pas juste le Pakistan qui se serait effondré.
“Dans bien des cas, l’argent de la drogue est en fait en ce moment le seul investissement de capitaux liquides”, a dit le directeur exécutif de l’UNODC Antonio Maria Costa en 2009. “Dans la seconde moitié de 2008, les liquidités étaient le plus gros problème du système bancaire, ainsi l’apport de capitaux liquides devint un facteur très important.”


L’ancienne directrice de gestion et membre du comité directeur de la banque d’investissement de Wall Street Dillon Read, Catherine Austin Fitts, a insinué depuis bien longtemps que les banksters lavent des sommes considérables d’argent sale de la drogue et autre. “D’après le ministère de la justice, les Etats-Unis lavent plus blanc entre 500 milliards et 1000 milliards de dollars annuellement. Je ne connais pas précisémet le pourcentage de narco-dollars lavé et recyclé, mais il est probablement très conservateur de dire qu’environ 100-200 milliards de dollars sont liés aux affaires d’import-export de drogue et de vente de détail des Etats-Unis”, écrit Fitts.



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~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

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